Gare aux faux éditeurs !

 

Pour devenir éditeur, il suffit... de le décréter ! Et comme les auteurs débutants sont forcément fragilisés, incertains de leur production, ayant parfois subi maintes rebuffades de la part des "grands" éditeurs, ils tombent facilement dans les nombreux pièges que leur tend Internet, dans les griffes d'éditeurs-bidons. Edilivre, leader dans cette catégorie, fait florès : selon Wikipedia, en 20 ans, 30.000 titres ont été publiés et le catalogue compte aujourd'hui 15.000 auteurs. Quand on sait que la Collection "Blanche" des Éditions Gallimard, créée en 1911, qui a donc 104 ans, compte 6.500 titres et 1800 auteurs, on est en droit de penser qu'il y a un lézard !

 

Comité de lecture fantôme

Ils racolent dans Google...

Publicités de faux éditeurs sur Google Ads.

Un vrai éditeur, c'est d'abord quelqu'un qui sélectionne les textes, qui accepte ou refuse. Souvent, l'auteur attend la réponse pendant des mois, ce qui n'a rien d'étonnant vu le nombre de manuscrits que reçoit un éditeur important (6000 par an pour Gallimard).

Avec ces faux éditeurs, ça ne fait pas de pli, au bout de quelques jours, vous recevez un e-mail vous annonçant une "bonne nouvelle" : le "comité de lecture" a retenu votre manuscrit. Cette rapidité les accuse. Il faut du temps pour que tout un "comité" lise un manuscrit et en débatte. De plus, grâce à la publicité, les candidats sont nombreux. 30.000 ouvrages en 20 ans chez Edilivre, ça fait 30 manuscrits acceptés chaque semaine !

Ils attirent les auteurs en proposant une mise en page et une couverture gratuites – comme s'ils étaient de vrais éditeurs. Ça ne leur coûte pas grand-chose vu que le travail est bâclé, a minima, et les exemplaires que vous leur commanderez seront au prix fort. De plus, vous risquez de vous laisser tenter par des options (très) payantes, par exemple, une couverture conçue par un graphiste.

Commercialisation inexistante

On vous annonce que votre livre sera proposé aux librairies Internet (Amazon, Fnac, etc.) et à 2000 librairies et cinq fois plus de points de vente. Vous avez l'impression que votre livre sera présent partout. Eh bien ! Détrompez-vous. La seule démarche commerciale du faux éditeur sera de le référencer (gratuitement) dans la base de données Dilicom, à laquelle sont abonnées la plupart des librairies. Si un libraire vous y cherche, il vous y trouvera, mais il ne vous cherchera que si quelqu'un le demande, et quelqu'un ne le demandera que si le livre a été promotionné – autre activité essentielle d'un vrai éditeur. Or le faux éditeur est très mal placé, la presse nationale boude ses productions, qui sentent trop le compte d'auteur; seule la presse locale du lieu de résidence de l'auteur se fendra d'un article !

Éditeur cherche client

 

Une recherche sur Google avec le mot clé "autoédition" conduit à des pages avec des annonces publicitaires alléchantes : "éditeur cherche auteur". On peut s'en étonner. La plupart des vrais éditeurs, qu'ils soient bons ou mauvais, croulent sous les manuscrits. Les "gros" par le nombre, les petits par l'absence d'un service de lecture et le choix de suivre leurs auteurs. Tout est une question de langage ! La bonne formule serait "éditeur cherche client".

Publicité de Edilivre : une maison ouverte et trublionne.

Comment résister quand votre livre a été refusé partout, ou pire, quand 90% des  éditeurs sollicités n'ont même pas eu la politesse de vous répondre, alors que cet extraordinaire "Edilivre" vous ouvre les bras ?

Une pétition contre Edilivre

Pétition contre Edilivre

Cette pétition sur change.org, d'une auteure s'estimant arnaquée, a récolté à ce jour (déc. 2020) 768 signatures. Lire le texte